DLC Quest : quand le gameplay devient une marchandise

Quand j’ai appris l’existence d’un petit jeu indépendant dont la pierre angulaire est de se moquer royalement de la politique des DLC, je me suis immédiatement frotté les mains. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai râlé sur ce procédé devenu maintenant quasi-systématique, ne sachant pas si il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Going Loud Studios nous propose ici de dédramatiser un peu au travers d’un jeu d’action plate-forme en 2D reprenant les codes et les clichés des jeux d’aventure de l’ère 8 et 16 bits, qui plus est proposé à très petit prix (2,99€ hors soldes).

DLC Quest

Catch the bad guy. Save the princess.

Bon, inutile de trop s’étendre sur le scénario, je viens de le résumer en deux phrases. Ben Kane, l’unique créateur du jeu, n’a pas été chercher bien loin et a reprit le pitch classique de la princesse capturée par le méchant qui n’avait visiblement rien de mieux à faire de sa journée, ici sobrement intitulé « The Bad Guy ». Une manière classique mais efficace de rire de nos bons vieux jeux de l’époque 2D dont l’histoire était bien souvent reléguée au second plan, mais bon, quelque part, on s’en foutait un peu, le plus important restait bien entendu le gameplay.

The Bad Guy

Visiblement, la moustache, ça ne rend pas aimable.

Une fois cette pauvre princesse enlevée, notre avatar doit se retrousser les manches et partir à sa rescousse. Je dis avatar car il dispose de trop peu de charisme pour être qualifié de héros; d’ailleurs, il n’a pas de nom, si tenté que « Player » en soit un. Pas de fioritures, le but est clair et la partie scénaristique est expédiée en moins d’une minute. On apprendra par la suite que le méchant en question a tué notre oncle et pissé dans le réservoir d’eau du village (sic), histoire de booster notre motivation. Une fois la mini-cinématique d’intro passée, c’est la douche froide. Il n’y a aucune bande-son, notre personnage n’est pas animé, il est impossible de sauter, de se déplacer vers la gauche ou encore même de mettre le jeu en pause. Heureusement, cette stupéfaction est de courte durée car une fois les premiers pas effectués, un marchand plein de bonnes intentions nous propose d’acheter des DLC, à payer avec la monnaie du jeu, je vous rassure. Monnaie constituée de pièces d’or dispatchées dans les niveaux et qu’il sera primordial de collecter au maximum. On constate alors que les contenus offrent des possibilités extrêmement basiques, tels que le saut, le déplacement vers la gauche… Bref, tout ce qu’il était impossible de faire lors des premiers instants du jeu.

Le gameplay en DLC

Le gameplay en DLC.

C’est alors que l’on comprend les mécaniques sur lesquelles repose DLC Quest : si l’on veut effectuer une action permettant de progresser dans le jeu, il faudra les acheter en tant que contenu. Et c’est sur ce principe que se jouera tout le titre de Ben Kane qui du coup, tourne d’une bien jolie manière les politiques de contenus payants au ridicule, laissant le joueur craintif quant à l’avenir de cette pratique qui pourrait bien finir à terme par entraver réellement la jouabilité, s’il venait à marchander non plus des bonus, mais des éléments de gameplay. Un constat cynique, j’en convient.

The are no refunds for this item.

Mis à part cette originalité dans son approche, DLC Quest reste basique aussi bien dans son gameplay, à base de séquences de plate-forme et d’attaques simples à l’épée et à l’arme à distance, que dans son déroulement, faisant la part belle à un classicisme hérité de 30 ans de jeux de plate-forme/aventure. Le principal intérêt du jeu réside en effet dans son auto-dérision et son humour redoutable, qui ne vous laissera, je l’espère, pas de marbre si vous êtes doté d’un minimum de second degré et de maîtrise de la langue anglaise. Chaque nouveau DLC est accompagné d’un petit texte qui ressemble plus à une publicité qu’un réel descriptif, et certains d’entre eux sont vraiment irrésistibles.

Quelque part, il n'a pas tort.

Quelque part, il n’a pas tort.

A titre d’exemple, tout une partie d’un niveau est bloquée par un personnage ne voulant visiblement pas nous laisser progresser. Afin de l’amadouer, il convient d’acheter un season pass au marchand pour un jeu dont le nom ressemble étrangement à la licence phare d’Activision sur cette génération. Une fois le season pass en poche, on retourne vers l’empêcheur de tourner en rond qui sera fou de joie à l’idée de le posséder, il disparaîtra en avouant ne pas savoir pourquoi il le désirait tant, mais que quelque part, il le lui fallait. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, le jeu étant truffé de gags et d’anachronismes du même genre dont je vous laisse la surprise. Evidemment, pour 2,99€, ne vous attendez pas à une durée de vie conséquente. Le jeu offre deux histoires, celle de base, pliée en un peu plus d’une demi-heure et une extension, baptisée « Live Freemium or Die », plus longue que la première et comportant pas mal de rajouts au niveau du gameplay tel que le wall jump et encore plus inspirée côté running-gags. Au final, il vous faudra environ deux heures pour venir à bout des deux campagnes, ce qui est tout à fait correct !

Pour tout ceux qui, comme moi, pestent à répétition contre les abus engendrés par les contenus téléchargeables payants, DLC Quest constitue un joli pied de nez aux éditeurs coutumiers de cette pratique. Afin de relativiser et de rire sans retenue de cet aspect peu reluisant du jeu vidéo, il vous sera sans aucun doute très agréable de vous y essayer. Pour un prix aussi modique, je ne vois pas de raison de s’en priver !

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