Beyond Good & Evil : Un flop non mérité

Alors là, attention les amis car le jeu dont je vais parler fait partie du top 5 de mes jeux préférés donc attendez-vous à ce que je m’emballe en en parlant. Cependant, je ne suis pas le seul, Beyond Good & Evil fait partie de ces jeux à échec commercial mais non critique qui entretiennent une communauté de fan(atique)s qui attendent désespérément une suite. Petit retour sur une IP qui avait tout pour réussir…

Beyond Good & Evil

Cocorico.

BGE est issu du génial esprit de Michel Ancel, nom bien connu dans le jeu vidéo, père de Rayman et tête pensante d’Ubisoft; ce qui fait de lui une figure de proue dans le paysage du jeu vidéo français. C’est lors du développement de Rayman 2 : The Great Escape que Michel Ancel a eu l’idée de développer un jeu en monde ouvert qui proposerai un univers totalement inédit. C’est ainsi que naquit la planète Hillys, une planète presque entièrement recouverte d’eau sur laquelle vit une multitude d’espèces humanoïdes mais aussi une pléthore d’individus mi-hommes mi-animaux.

Une intro marquante. Le calme avant la tempête...

Une intro marquante. Le calme avant la tempête…

Le pitch de base : la paisible planète Hillys est victime des attaques répétées des DomZ, une civilisation extra-terrestre belliqueuse qui enlèvent les Hillyens dans un but alors inconnu… Pour contrer cette invasion, une armée de sauveurs en armure, recouverts de la tête aux pieds, joue les héros bienfaiteurs malgré une efficacité toute relative : les sections Alpha. Au milieu de ce joyeux bordel, on suit les aventures de Jade, une jeune femme reporter au fort caractère qui vit avec son oncle Pey’j, un cochon un peu bourru mais avec un bon fond, dans un phare aux abords de la capitale et qui recueille tous les orphelins que la guerre a malheureusement créée. Très vite, Jade va être contactée par un certain M. De Castellac afin de réaliser un reportage photo dans les tréfonds d’une grotte remplie de bestioles pas des plus amicales. Suite à quoi elle va découvrir que ce reportage faisait office de test d’entrée au sein du réseau Iris, la rébellion souterraine contre les sections Alpha, qui ne semblent pas être ce qu’elles prétendent… Ensuite, à vous de découvrir la vérité sur un probable complot visant à assurer la victoire aux envahisseurs.

Originalité sous influences.

Bien que le scénario ne soit pas un exemple d’originalité et pourvu de twists pour le moins prévisibles, le jeu ne manque pas de fraîcheur. Plus profond qu’il n’y parait et rempli de séquences fortes en émotion, il aborde avec humour et intelligence des thèmes graves tels que la vie difficile en temps de guerre, la perte des parents ou encore le totalitarisme.

Concernant l’univers, celui-ci est tout bonnement fabuleux, réussissant le pari d’être totalement inédit sans pour autant cacher bon nombre de sources d’influence. Bien que ressemblant fortement à la Terre, la planète Hillys dégage beaucoup de personnalité. Presque entièrement maritime, Jade disposera d’un hovercraft pour s’y déplacer, et quel bonheur de naviguer à toute vitesse sur ces grandes étendues d’eau bénéficiant d’une physique et d’un rendu plutôt impressionnants ! C’est d’ailleurs ce résultat obtenu grâce au Jade Engine, moteur conçu spécialement pour BGE, qui poussa l’équipe de développement à faire d’Hillys un ersatz d’archipel. Cependant, si le joueur se déplace pendant une bonne partie du jeu sur l’eau, la plupart des habitants choisissent la voie des airs grace à des voitures volantes 100% inspirées par un film de Luc Besson : le Cinquième Élément.

Jeu : trouver le taxi volant de Korben Dallas.

Jeu : trouver le taxi volant de Korben Dallas.

Néanmoins, même si BGE se déroule dans un monde ouvert, ne vous attendez pas à un GTA-like version SF. Principalement un jeu d’aventure à la Zelda, dont il reprend d’ailleurs le système de coeurs, le HUD et le système de map, on peut également lui coller d’autres étiquettes. Outre les séquences de beat’em all et de plate-formes servies par un gameplay simple mais fun basé sur les réflexes et l’esquive, donnant au final des combats plutôt nerveux; il est doté de plusieurs séquences de courses d’hovercraft équipés d’armes à la Mario Kart ou encore de shoot. L’une des scènes finales donne d’ailleurs l’impression d’avoir été transporté dans Star Wars : Rogue Leader. Surprenant et parfaitement jouable !

Le soft est également fortement influencé par la saga Metal Gear à laquelle il fait énormément de clins d’oeil. Le champ de vision des sections Alpha est totalement issu de Metal Gear Solid, premier du nom, représenté par un cône virant du jaune au rouge suivant l’état d’alerte. D’ailleurs, lorsque l’alarme retentit, il suffit de se cacher en attendant que les ennemis reprennent leur ronde. Encore un détail, pour avancer dans les complexes sécurisés des sections, vous aurez besoin de cartes magnétiques, avec plusieurs niveaux de verrouillage et que vous trouverez au fil de votre progression; si ça c’est pas du Metal Gear… Si vous n’êtes pas encore convaincu (je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus, remarquez), un boss finira de le faire. Tout à la fin d’un donjon, vous aurez affaire à un robot de fortune bipède rappelant, tiens donc, un authentique Metal Gear Rex. Et ce clin d’oeil, le jeu ne le cache pas car la musique spécifique au combat contre ce boss porte le nom de… Metal Gear DomZ ! Pour un fan de Metal Gear comme moi, inutile de préciser que je suis aux anges.

Metal Gear : coïncidence ? Je ne crois pas.

Metal Gear : coïncidence ? Je ne crois pas.

Une bande-son aux petits oignons.

En plus de l’univers envoûtant, de l’intrigue haletante et l’action épique que propose Beyond Good & Evil, une bande-son de grande qualité vient parachever l’oeuvre de Michel Ancel. Qui dit jeu français dit VF, et le titre accueille quelques grands noms pour les doublages tels qu’Emma de Caunes pour la voix de Jade et Martial le Minoux pour la voix de Pey’j, que vous pouvez retrouver dans plusieurs dizaines de jeux différents. Et les PNJ n’ont pas à rougir d’eux, chacun étant parfaitement doublé et doté de lignes de dialogues vraiment excellentes, la plupart du temps teinté d’un humour irrésistible. Une petite pensée pour les garagistes rhinocéros du garage Mamago, dont l’accent black me fait toujours autant mourir de rire.

Pour la musique, c’est Christophe Heral qui est aux commandes et force est de constater qu’il nous livre là une OST de maître. Que ce soit pour les phases d’actions, d’infiltration, ou d’exploration; ce compositeur français à effectué un travail de génie pour BGE, chaque musique colle parfaitement à l’ambiance et est tantôt d’une classe inouïe, tantôt d’une poésie incroyable. Jugez par vous-même :

Sachez par ailleurs que l’OST du jeu est tombé il y a quelques temps parmi les abandonware, vous pourrez donc la trouver gratuitement sur le net via les téléchargements d’Ubisoft. Un conseil : ruez-vous dessus !

J’ai certainement oublié beaucoup de détails, risque très probable avec un jeu aussi riche que celui-ci. Néanmoins, j’espère avoir réussi l’essentiel, à savoir attiser votre curiosité pour ce titre injustement boudé à sa sortie. Pour ceux qui souhaitent passer le pas, vous pourrez le trouver pour une bouchée de pain en magasin ou sur internet, que ce soit sur PS2, Gamecube ou XBox. Et si vous ne possédez pas une de ces consoles, sachez qu’une remasterisation HD du titre est sortie sur XBLA et PSN; moyennant une quinzaine d’euros, un prix bien bas pour un voyage que vous n’oublierez pas !

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5 thoughts on “Beyond Good & Evil : Un flop non mérité

  1. Que d’émotions pour un sushi comme moi que de lire un article sur l’un des jeux vidéo les plus marquants que j’ai eu l’occasion de faire (en concurrence avec des titres comme Shadow of the Colossus). Le jeu n’a pas eu le succès escompté dû a la campagne marketing quasi-inexistante ayant entouré la sortie du jeu (quand on voit les moyens déployés pour des jeux comme Call of Duty numéro 4578 …).

    Un second opus est en nouvellement et je doute que celui-ci reste inaperçu s’il sort un jour. Merci pour cette critique constructive.

  2. J’ai acheté ce jeu lors d’une promo sur Steam il y a quelques années, mais je n’ai pas su trouver le temps de m’y mettre jusqu’ici. A chaque fois que j’en entends dire du bien, je culpabilise un peu plus 😉

    • C’est le côté obscur de Steam, on accumule des jeux à cause des soldes et on joue à la moitié d’entre eux, je connais ça 😉
      Mais laisse tout de côté, ta femme, tes enfants, ta famille, ton travail, et court y jouer !

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