Bayonetta (PS3, X360)

Editeur : Sega

Développeur : Platinum Games

Type : Beat’em all

Sortie : 8 Janvier 2010

Alors que Bayonetta 2 vient d’être annoncé en exclusivité sur Wii U lors du dernier Nintendo Direct, un retour sur le premier épisode s’impose. Nombreux sont ceux qui ont été émoustillés (moi y compris) à l’idée de voir une suite au titre de Platinum Games plus de deux ans plus tard. Pourquoi tant d’enthousiasme ? C’est ce que nous allons voir !

I’m a bi… a witch.

Le scénario complétement farfelu et bien japonais de Bayonetta nous plonge dans la peau d’une sorcière sexy entièrement vêtue de cuir sur laquelle la campagne de communication de Sega s’est largement appuyée pour donner envie aux otakus avides de formes généreuses. On pourra reprocher le manque de profondeur du personnage principal, l’histoire est néanmoins assez recherchée. Sortant d’un sommeil de 500 ans dans l’amnésie la plus totale, notre chère Bayonetta cherche à retrouver son passé en éliminant toute créature angélique qui ose se mettre en travers de son chemin. Je ne vais pas détailler, ne voulant pas vous gâcher votre plaisir, mais il est question ici de création de l’univers, de monde des ténèbres, de Chaos et de monde lumineux. Toujours est-il qu’il est amusant et dépaysant d’incarner une représentante du monde obscur et d’avoir pour ennemis ceux que l’on pourrait prendre pour les « gentils »; un retournement de situation qui change des standards habituels. Bien que le scénario ne soit pas le plus gros point fort du jeu, il est ici servi par de nombreuses cinématiques à la réalisation soignée, tout comme l’ensemble du titre. En effet, bien que la qualité technique de Bayonetta ne soit pas à tomber par terre, la direction artistique flirte avec la perfection, pour le peu que l’on ne soit pas allergique au style purement japonais. Très colorés, les environnements sont variés et offrent des paysages d’une beauté rare devant lesquels on se surprend à s’arrêter pour le simple plaisir des yeux. Pour ce qui est du character design, les développeurs se sont lâchés et redoublent d’ingéniosité à chaque ennemi; mention spéciale aux boss qui sont de taille gigantesque, ce qui n’est pas sans rappeler un certain Shadow of the Colossus. Seul ombre au tableau, les musiques donnent dans le ton de la pop japonaise, ce qui pourra en rebuter certains.

Faire preuve de talons.

Mais Bayonetta, en plus d’être un univers unique, bien que fortement influencé par des jeux tels que Devil May Cry ou Okami (rien d’étonnant étant donné qu’Hideki Kamiya, aux commandes du jeu, a également piloté ces deux titres); c’est aussi un gameplay nerveux et extrêmement exigeant qui demande des réflexes et une habileté dignes des pilotes de chasse. Platinum Games nous avait d’ailleurs prévenu, « Bayonetta sera très difficile »; et ils n’ont pas menti. Finir le jeu en normal n’est déjà pas chose aisée, bien que largement faisable, c’est au niveau des scores que le jeu tient tout son challenge. La quinzaine de niveaux du jeu est divisée en versets (comprenez-ici des sections) sur lesquels il est attribué un score et une médaille en fonction de votre performance. Et quand bien même vous obtiendriez une majorité de médailles de platine, le score final dépend aussi des items utilisés et de votre nombre de morts. Autant dire que finir le jeu en mode difficile en mourant le moins possible et en n’utilisant quasiment pas de sucettes de soin (Oui oui, des sucettes) relève du miracle. Concernant les combats, ceux-ci sont, comme je l’ai précédemment évoqué basés sur les réflexes et plus précisément sur les esquives. En réussissant à esquiver l’attaque d’un ennemi à la dernière seconde, un bullet time est automatiquement enclenché, vous laissant le temps de réduire vos adversaires en une bouillie sanguinolente. Basés sur un nombre impressionnant de combos, les combats reposent également sur les combinaisons entre vos armes et vos parties du corps. Vous pouvez par exemple utiliser un fouet dans vos mains et des pistolets à vos pieds; et les possibilités sont nombreuses, à vous de trouver celles qui vous sied le mieux. En prime, notre sorcière peut également se transformer en formes bestiales telles que la panthère noire (en référence à Amaterasu d’Okami, à n’en pas douter) ou encore en corbeau; principalement dans le but d’atteindre des plates-formes auparavant inaccessibles. Le tout est d’excellente qualité, parfaitement jouable, gratifiant et agréable manette en main, servi par une fluidité remarquable. Il manque peu au gameplay pour être parfait, l’unique détail qui peut s’avérer très frustrant est l’utilisation (Hélas !) de QTE, généralement en fin de combat de boss à cause desquels vous pouvez littéralement mourir à la moindre erreur. Extrêmement rageant lorsque vous sortez d’une phase ardue et que aviez jusque là réussi à ne pas mourir…

« I won’t put a chainsaw on your arm. »

J’ai évoqué la personnalisation des combinaisons d’armes mais il ne serait guère professionnel de ne pas m’attarder sur tout le contenu annexe du jeu, parmi lequel figure effectivement ces armes à débloquer. Entre chaque niveau et parfois même pendant ceux-ci, vous pouvez passer par les portes de l’Enfer afin d’atterrir dans le bar de Rodin, personnage secondaire qui se charge de vous vendre toutes sortes d’items moyennant des anneaux récoltés sur les cadavres des ennemis. Et dès le premier aperçu de l’inventaire de cette boutique, on se rend vite compte qu’il faudra venir à bout du jeu plus d’une fois afin de tout débloquer, avis aux collectionneurs ! Techniques, sucettes, armes, accéssoires, objets rares… Tout cela est au programme et à des prix exorbitants : jusqu’à 300 000 anneaux pour les plus objets les plus onéreux. Sachant que l’on peut récolter entre 20 et 30 000 anneaux par niveau dans le meilleur des cas, de nombreuses heures sont nécessaires à une collecte complète. De nombreux artefacts sont aussi à ramasser sans passer par le biais de Rodin mais directement au sein des niveaux tels que des quarts de coeur (j’ai déjà vu ça quelque part mais où…); des ingrédients vous permettant via le menu d’alchimie de créer vos sucettes ou encore des parties de journal qui vous aident à en apprendre plus sur l’univers du jeu.

Complet, beau, jouissif, inventif, intense, dépaysant, les mélioratifs ne manquent pas pour qualifier Bayonetta et malgré quelques menues erreurs; il demeure l’un des meilleurs Beat’em All de cette génération. L’attente des fans qui découle de l’arrivée prochaine d’un second épisode est donc totalement justifiée. Et si jamais vous faites partie de ces quelques irréductibles pour qui le style du jeu rebute, franchissez le pas et procurez-vous cet incontournable made in Platinum Games, ou vous risqueriez de passer à côté d’un très grand titre !

Note Finale : 18/20

Publicités

One thought on “Bayonetta (PS3, X360)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s