I Am Alive (XBLA, PSN)

Éditeur : Ubisoft
Développeur : Ubisoft Shanghai
Type : Survival
Sortie XBLA : 7 Mars 2012
Sortie PSN : 4 Avril 2012

Après un développement mouvementé et une passation entre Darkworks et Ubisoft Shanghai, le survival post-apocalptyque prévu pour une sortie boîte nous arrive sur support téléchargeable; au prix réduit de 14,99€.

I like dirt.

I Am Alive, c’est un croisement entre Je Suis Une Légende et La Route, le premier pour son action se déroulant uniquement dans une ville dévastée et le deuxième pour la poussière et la grisaille. L’histoire emprunte d’ailleurs allégrement au roman de McCarthy : un an après un événement planétaire inconnu appelé « le Choc » qui a plongé le monde dans une mélasse grise où les survivants se font rares, Adam tente de retrouver sa famille laissée dans le centre de la ville fictive d’Haventon.

On commence donc notre progression dans cet univers joyeux aux portes de la ville et là, premier constat. Malgré un soin évident apporté à l’ambiance, le jeu affiche une réalisation d’un autre âge : textures laides, clipping, modélisation bâtarde des environnements; tout pousse à faire la grimace. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, l’aspect graphique est très vite relégué au second plan grâce à l’atmosphère oppressante excellemment transposée dans ce I Am Alive. Le parti pris d’Ubisfot Shanghai de peindre leur jeu presque entièrement en gris peut passer pour un cache-misère mais participe grandement à l’immersion. La poussière qui nous envahit devient un protagoniste à part entière : il faudra évoluer avec, s’adapter à un champ de vision réduit et parfois même se dépêcher d’atteindre un point en hauteur pour éviter de mourir asphyxié. Clairement, le risque valait la peine d’être pris : visuellement, ça fait son effet et apporte au niveau du gameplay.

Climb Adam, climb !

Le gameplay, parlons-en. Très peu muni, Adam devra escalader, sauter, glisser, courir pour trouver toutes sortes d’objets indispensables à sa survie et remplir ainsi son sac à dos. Mais là où cela se ferait sans problème avec un peu de patience et d’exploration, un facteur important vient se mettre en travers de notre chemin : la jauge d’endurance. Et oui, comme le commun des mortels, Adam sefatigue et n’espérez pas grimper en haut d’un immeuble à la manière d’Assassin’s Creed, il vous en cuirai. Dès que vous démarrez une tâche fatigante (même accélérer le pas), votre jauge se vide et il vous faudra en permanence la surveiller. En effet, si elle venait à tomber à zéro, vous n’aurez plus que quelques secondes de grimpette supplémentaires pendant lesquelles vous allez marteler votre gâchette afin de fournir un ultime effort; après ça, c’est la chute libre et la mort assurée.

A vous donc de repérer au fil de vos progressions les plates-formes vous permettant de reprendre votre souffle, de penser à boire une gorgée d’eau, de prendre une bouffé d’inhalateur voir même de planter un piquet sur lequel vous pourrez vous reposer mais ces derniers sont rares. La bande-son ne se lassera d’ailleurs pas de vous rappeler que vous devez faire vite : au fur et à mesure que votre jauge se vide, une musique stridente et stressante à base de pincements de cordes retentit et s’accélère en fonction de l’urgence de la situation. Une bonne idée mais qui peut finir par agacer.

Tu bluffes, Martoni !

Rassurez-vous, vous ne passerez pas les 5 à 6 heures de jeu que propose le titre à tenter tant bien que mal d’avancer dans les débris, vous ferez bien entendu des rencontres, bien plus souvent hostiles qu’amicales. Là où le titre démontre ce qui fait sa force, c’est dans la façon dont vous pourrez vous débarrasser de vos ennemis. N’espérez pas avoir un arsenal conséquent, Adam n’a qu’un simple pistolet et une machette pour se défendre avant d’obtenir un arc par la suite. Les ressources se faisant rares, les munitions vous seront données au compte-goutte, à vous de bien gérer vos cartouches et pour cela, de multiples moyens s’offrent à vous.

Prenons un exemple concret : vous vous retrouvez face à 3 ennemis, deux sont équipés d’armes blanches, le dernier est armé d’un flingue; hors vous n’avez qu’une seule balle. Il va falloir la jouer fine car l’un s’approche déjà de vous et vous accoste, machette à la main. Vous pourriez attendre que le premier s’approche pour lui trancher la gorge par surprise et tirer votre unique cartouche sur l’homme armé, puis maintenir le dernier en joue, lui laissant croire que vous pouvez toujours lui en coller une autre entre les deux yeux et l’achever d’un coup dans la nuque. Mais ce n’est pas l’unique façon, vous auriez très bien pu dégainer de suite et abattre l’ennemi armé et maintenir successivement les deux autres en joue, leur dire de reculer de préférence vers un feu ou un fossé et les balancer dedans.

Il est donc primordial de planifier ses attaques, auquel cas vous finirez criblé de balles ou éventré en un rien de temps.

Scout de l’extrême.

Un dernier point sur l’inventaire. Affublé d’un vieux sac à dos, vous devrez économiser au maximum votre nourriture, votre eau et vos médicaments que vous aurez déniché ça et là dans les rues d’Haventon. Le choix est donc difficile lorsque vous rencontrerez des survivants dans le besoin : vous pouvez les aider et bénéficier ainsi de tentatives supplémentaires en cas de mort mais la trousse de soin que avez donné 5 minutes auparavant pourrait s’avérer nécessaire maintenant que vous êtes à l’agonie à cause de votre dernière rencontre malheureuse. A vous de voir, le bon choix moral étant récompensé par des succès/trophées mais quelle est la priorité ?
Pour ce qui est de la carte, l’ingéniosité des développeurs est à saluer. Elle prend la forme d’une bête carte papier glacé mais évolutive. Dès que vous buterez devant une rue bloquée ou un passage encombré, votre carte l’indiquera au marqueur rouge, comme si Adam feutrait lui-même sa carte. Et ce sera à vous de décider de votre propre chemin car il est n’est pas forcément tracé à l’avance, l’exploration vous laissera quelques libertés même si on reste bien loin d’un monde totalement ouvert.

I Am Alive, malgré ses défauts techniques évidents, reste tout de même une bonne pioche. Les amateurs de fin du monde y trouveront leur compte tout en déboursant peu. L’ambiance excellente du titre est à découvrir car bien qu’elle pourrait faire penser à un Silent Hill, elle demeure bien particulière et a ce qu’il faut pour être caractérisée d’unique. La gestion des combats exigeante et l’idée ingénieuse d’y inclure du bluff étant un atout important et rafraichissant dans le genre.

Note finale : 14/20

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3 thoughts on “I Am Alive (XBLA, PSN)

  1. Ceci étant dis, il va sûrement se faire oublier face à un certain The Last Of Us de Naughty Dog. Le I Am Alive présenté dès l’E3 2008 il me semble faisait aussi beaucoup plus baver que le mini-jeu qu’ils ont sorti. Soit.
    En tout cas, il a beau s’appeller Adam, il a intérêt à retrouver son Eve si il veut pouvoir repeupler l’humanité avec sa machette.

    • Sauf qu’à l’E3 2008, il n’était pas prévu comme un titre PSN/XBLA à bas prix. La question est de savoir si vaut-il mieux réduire la qualité (surtout visuelle) mais proposer un jeu aussi long qu’un jeu boîte ou bien garder une qualité maximum mais réduire la durée de vie du jeu ? Et bien I Am Alive a fait un peu des deux mais pas dans le bon sens.

      Et il évident que The Last Of Us va l’enterrer, ces deux jeux ne jouent pas dans la même cour.

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